Carton rouge à Porto

Denis Coubronne, marié à une portugaise originaire de Madère, a vécu près de 20 ans au Portugal. Il vit actuellement à New York où il dirige une société d’importation de vins portugais. Carton rouge à Porto est la première enquête de l’inspecteur Pereira éditée à ce jour, mais trois autres sont déjà en attente de publication.
Pour son premier roman policier, Carton rouge à Porto, édité aux Presses Littéraires, Denis Coubronne a pris le Portugal comme toile de fond, le monde du football et son cortège d’histoires invraisemblables de détournements de fonds et autres corruptions.

Le personnage principal est l’inspecteur Pereira, un policier cultivé, passionné par le poète Fernando Pessoa, à qui il a consacré des recherches poussées et écrit même un ouvrage à propos de sa disparition. Il vit avec sa vieille mère dans le quartier historique de Lisbonne, et semble attiré par des femmes plus âgées que lui.

Dans Carton rouge à Porto, il mène une double enquête : le président du football club de Porto est assassiné dans le parking d’un luxueux lupanar ; tandis que l’architecte Coentro, numéro deux de la mairie d’Oeiras, est tué la veille d’un jugement où il devait témoigner sur des affaires de corruption.

Pereira est déprimé par la pluie incessante du mois d’avril, alors que le Portugal s’enfonce dans la crise politique et financière. Assisté par un jeune inspecteur à Porto, et par ses adjoints habituels Godinho et da Silva, l’enquête avance rapidement et met à jour les mondes pourris du football et des collectivités locales, en passant par des bars sadomasos et des repaires d’homos « bears ».
Pereira devra jouer finement pour trouver les commanditaires des deux crimes.

Sur l’idée d’écrire un roman policier, Denis Coubronne explique avoir d’abord constaté que, contrairement à beaucoup de capitales, Lisbonne n’avait pas un flic emblématique « comme Nestor Burma à Paris, Pepe Carvalho à Barcelone ou encore Brunetti à Venise. C’est Brunetti qui a sans doute le plus inspiré les enquêtes de l’inspecteur Pereira ».

« C’est l’occasion de visiter un pays d’une grande beauté, d’une grande diversité, avec des habitants attachants », ajoute l’écrivain.

Mais son inspiration, ce n’est pas seulement dans la beauté du paysage que Denis Coubronne la trouve : les affaires, les scandales et la corruption constituent assurément une source intarissable.

« Le Portugal est passé en une dizaine d’années d’un pays sous-développé à une économie moderne et abondante. Les distances ont été brutalement raccourcies avec la construction d’un réseau extrêmement moderne d’autoroutes. Les centres historiques urbains ont été délaissés pour des banlieues champignons abritant d’énormes centres commerciaux. L’épargne a été abandonnée au profit d’une consommation effrénée. Cette transformation rapide a été l’opportunité pour les affairistes de gagner beaucoup d’argent, la plupart du temps de façon illégale ».

A la lecture de Carton rouge à Porto, on se demande parfois s’il s’agit d’un roman où d’une enquête journalistique, tant le propos colle à la réalité, il est vrai que ces dernières années, la réalité des affaires dans le monde du football, notamment, a semblé relever de la fiction.

« Le football est la principale institution au Portugal. Trois clubs règnent en maîtres : Benfica, Sporting et FC Porto. Les adhérents sont inconditionnels de leurs clubs, auxquels ils pardonnent tous les excès. Et pourtant les enquêtes se suivent et indiquent des niveaux élevés de corruption, notamment en ce qui concerne l’arbitrage. Et puis les clubs gèrent des millions », déclare Denis Coubronne, qui présente le président fictif du FC Porto de son roman en ces termes : « A 71 ans, il se sentait plus jeune que jamais. Il avait atteint les sommets. Le journal Expresso l'avait nommé l'un des dix hommes les plus influents au Portugal. Et José savait que c´était entièrement mérité. Il pouvait discrètement orienter le vote de plus d´un million de personnes… »