Marcelo souffle sa première bougie

Marcelo Rebelo de Sousa a pris ses fonctions le 9 mars 2016, il est le 19e président portugais depuis l’instauration de la République, le 5 octobre 1910.
Le 20 septembre 2016, le président portugais intervient dans le cadre de la 71e session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Photo Nuno Veiga/Lusa.
A Santa Marta de Penaguião, dans le cadre de Portugal Próximo. Photo José Coelho/Lusa.
Le président, qui a suivi avec intérêt la campagne européenne de la Seleção et assisté à la finale, a rendu hommage aux héros de Saint-Denis. Photo Tiago Petinga/Lusa.
Elu il y a un an, Marcelo Rebelo de Sousa a tenu sa promesse faite au cours de la campagne électorale d’être un président de la République proche des citoyens, il a aussi été interventionniste, dans un registre de dédramatisation et de recherche de consensus.

Durant la campagne des présidentielles du 24 janvier 2016, il a parcouru le pays dans un style de « proximité affective » avec la population, selon ses propres termes, et s’est présenté comme un modérateur, situé à la « gauche de la droite », pariant sur la « création de ponts ».

Il a défendu des accords de régime dans des domaines comme l’éducation, la santé, la Sécurité sociale, la justice et la politique européenne – une ligne discursive qu’il a conservée durant cette première partie de son mandat de président de la République, mettant en exergue l’importance de la concertation sociale.

Après avoir été élu au premier tour, à 67 ans, avec 52 % des votes, l’ex-commentateur politique et professeur universitaire de droit a fait siens les principes suivants pour son mandat présidentiel : « Affect, proximité, simplicité et stabilité ».

Entre son élection [24/01/2016] et son investiture [09/03/2016], Marcelo Rebelo de Sousa a eu une intense activité, passant le plus clair de son temps dans un cabinet au Palais de Queluz, où il a eu de nombreux contacts de préparation de sa présidence, et a commencé l’accompagnement de l’action de l’exécutif.

Dans un cadre de bipolarisation résultant des législatives, l’ancien président du PSD a défendu, dès le début, que le gouvernement minoritaire du PS, soutenu par des accords à gauche au Parlement, devait remplir son mandat, et a été, dans la majorité des cas, en convergence avec le Premier ministre.

Pour cette raison, sa relation avec le PSD de Pedro Passos Coelho a connu quelques tensions. Il s’est notamment écarté de l’idée selon laquelle l’actuel gouvernement manquait de légitimité et du discours négatif de l’opposition sur la trajectoire des comptes publics, même s’il ne s’est pas privé de faire des remarques sur la nécessité de captation d’investissement et de croissance économique.

Bien que de la même sensibilité politique, Marcelo Rebelo de Sousa s’est distingué de son prédécesseur, Aníbal Cavaco Silva, dans son contact proche et informel avec les citoyens et par sa présence médiatique constante.

Il a également montré des différences dans l’interprétation de la fonction présidentielle, avec un accompagnement permanent et actif de la gouvernance et de l’activité parlementaire, recevant régulièrement – au moins tous les trois mois – les partis, les confédérations patronales et syndicales et le Conseil d’Etat.

Son attitude interventionniste a déjà fait l’objet de certaines critiques, et au début du mois de décembre le président a profité d’une visite dans une école pour justifier sa manière d’exercer son mandat et les contacts directs avec des membres du gouvernement autres que le Premier ministre.

« Il dépend beaucoup du Premier ministre de voir avec de bons yeux ou non les contacts directs entre le président et les membres du gouvernement, et parfois même de les solliciter. Par exemple, il y a un problème financier, et le ministre des Finances est mieux placé pour expliquer que le Premier ministre, immédiatement ».

« Je trouve que cela présente des avantages, parce que le président, sachant quelles sont les limites du son pouvoir, est mieux informé, et informé sur l’heure », a-t-il argumenté.

Le président de la République n’a pas encore fait appel au Tribunal Constitutionnel (TC), mais a recouru à trois reprises au droit de veto politique concernant deux projets de loi sur la gestation pour autrui et l’étatisation des transports de Porto – qui finiraient par être promulgués après quelques altérations – et un décret gouvernemental sur l’accès à l’information bancaire, déplaçant son centre de gravité « à gauche de la droite » vers la droite de la droite.

Marcelo Rebelo de Sousa s’est défini comme un président qui ne recourt pas fréquemment au TC comme « une espèce de défense », mais qui exerce « sans complexe aucun » le veto politique, en cas de fortes divergences.

Sur le plan externe, il s’est déplacé à l’étranger à vingt reprises, dont trois visites d’Etat : au Mozambique, en Suisse et à Cuba – où il a rencontré Fidel Castro, un mois avant le décès du leader historique cubain.

A noter également les inédites commémorations du 10 juin à Paris avec les Portugais de France, en compagnie du Premier ministre, et son déplacement au Brésil pour l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio.

Ses sorties du pays ont presque toujours été de courte durée, pour des rencontres institutionnelles ou des sommets, et la majorité dans des capitales européennes : Vatican, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni. Le chef de l’Etat s’est également déplacé au Parlement européen, à Strasbourg, et a été reçu par le roi du Maroc à Casablanca.

Marcelo Rebelo de Sousa a encore effectué trois voyages pour assister à des matches de l’Euro 2016, en France, dont la finale, que le Portugal a gagnée.

Sur le territoire national, il a réalisé trois éditions d’une initiative intitulée « Portugal Proche », en Alentejo, à Trás-os-Montes et dans la Beira Interior, et il a visité la Région Autonome de Madère, y compris les îles Desertas et Selvagens. Il a évité les Açores en raison des élections régionales, mais deux visites sont prévues dans l’archipel en 2017.

Si à plusieurs occasions, le président a laissé entendre qu’il n’envisageait pas faire un second mandat, il n’a jamais confirmé clairement cet engagement.