Panneaux photovoltaïques flottants

Panneaux photovoltaïques flottants installés sur le réservoir d'eau du barrage du Alto Rabagão, un projet pilote pionnier en Europe, dans le district de Montalegre, au Nord du Portugal. Photo José Coelho/Lusa.
Le dispositif est constitué d'un radeau sur lequel sont disposés 840 panneaux solaires représentant une puissance de 220 kilovolts. Photo José Coelho/Lusa.
L’EDP (Electricité du Portugal) a lancé un projet pilote et pionnier qui fait appel aux énergies photovoltaïque et hydraulique, constitué de 840 panneaux solaires flottants sur le lac de barrage du Alto Rabagão, à Montalegre, et qui représente un investissement de 450 000 euros.

« C’est un projet pionnier au niveau européen puisque c’est la première fois que l’on allie l’énergie photovoltaïque flottante avec la génération hydraulique, dans ce cas le réservoir du Alto Rabagão, une centrale construite en 1964 », a déclaré à la Lusa le directeur du projet, Miguel Patena, au cours d’une visite du site.

Pour l’EDP ce projet présente une « complémentarité naturelle et vertueuse entre les énergies hydroélectrique et solaire : il y a davantage de soleil quand il y a moins de pluie et vice et versa ».

Selon Paulo Pinto, le gestionnaire du projet, cette solution photovoltaïque se distingue des autres car les panneaux sont placés sur l’eau, mais l’aspect le plus innovant c’est que cette installation profite de l’infrastructure existante d’une centrale hydroélectrique.

Sur le réservoir d’eau du Alto Rabagão, dans le district de Vila Real, ont été installés 840 panneaux, sur une sorte de radeau, avec une puissance de 220 kilovolts (kV) en profitant de l’infrastructure existante du barrage, comme les transformateurs, les cadres électriques et la ligne d’écoulement de l’énergie. Les centrales hydroélectriques disposent d’une liaison au réseau électrique qui n’est pas utilisé à 100 %.

La viabilité de cette expérience – qui produit du courant depuis le mois de novembre – va être étudiée par l’EDP pendant une année.

« Un tel projet à cette échelle n’est pas encore viable. Notre objectif est d’étudier le fonctionnement, l’exploitation et les résultats de cette solution et, sur une échelle supérieure, d’arriver à des valeurs concurrentes de celles des solutions traditionnelles sur terre », ajoute Paulo Pinto pour qui ce projet présente également des avantages environnementaux indéniables : le miroir d’eau existe déjà, les panneaux flottants ne prennent pas la place de terrains cultivables, il n’est pas nécessaire de déboiser. De plus, sur l’eau les panneaux peuvent être démontés rapidement « sans laisser des vestiges » et donc « l’empreinte écologique est nulle ».

Ce projet, totalement pris en charge par l’EDP a un coût supérieur aux centrales photovoltaïques traditionnelles « car le réservoir d’eau a une profondeur de 60 mètres avec une oscillation de 30 mètres ce qui implique une installation coûteuse ».

Si ce projet de complémentarité solaire-hydroélectrique fonctionne et se montre rentable, l’EDP pourra le répliquer sur d’autres barrages.