Le bio a le vent en poupe

Le Biomercado existe depuis un an à Lisbonne et connaît un succès croissant. Photo Manuel de Almeida/Lusa.
Les nouveaux consommateurs bio commencent en général par les fruits et légumes avant de passer à d'autres types de produits. Photo Manuel de Almeida/Lusa.
Le Biomercado de Saldanha c'est également un espace de restauration très apprécié du public. Photo Manuel de Almeida/Lusa.
Une célèbre chaîne de magasins propose aussi de l'alimentation biologique. Photos Manuel de Almeida/Lusa.
Depuis trois ans João Henriques se consacre à l'agriculture biologique et notamment aux herbes de blé, de petits pois et de graines de tournesol. Photo Manuel de Almeida/Lusa.
João Henriques dans sa serre, à Carnaxide. Photo Manuel de Almeida/Lusa.
L’importance de l’alimentation biologique est chaque fois plus présente dans la société comme le confirment les commerçants qui ont opté pour ce type de produits, qui cherchent à diversifier l’offre pour répondre aux attentes des consommateurs.

Dans le quartier de Saldanha, à Lisbonne, le Biomercado, ouvert depuis un an, propose en plus de la vente de produits alimentaires un restaurant biologique qui, selon son directeur, Pedro Lobo do Vale, « attire beaucoup de monde ».

« Les gens sont venus d’abord par curiosité, ils voulaient savoir s’ils aimeraient ou non et aujourd’hui nous avons des clients hebdomadaires et certains viennent même tous les jours au restaurant. On constate que les personnes aiment cet espace », déclare-t-il, ajoutant que l’idée selon laquelle les produits bios sont beaucoup plus chers ne correspond pas bien à la réalité.

« Les personnes se font peur avec le prix des produits biologiques, mais ce n’est pas vraiment ainsi. Il y a des cas où il n’y a aucune différence, surtout pour ce qui concerne les fruits et légumes. De nos jours, les prix sont très proches et dans les produits biologiques, il y a aussi ceux qui sont accessibles à toutes les bourses », insiste le directeur.

L’absence de pesticides dans les produits de la terre, le recours à une agriculture durable, et l’absence d’hormones ou de vestiges d’antibiotiques dans les animaux sont considérés comme les principaux bénéfices de la consommation biologique et, pour cette raison, Pedro Lobo do Vale estime que « la concurrence honnête est saine ».

Quant au Plan national d’Agriculture Biologique, proposé par le gouvernement, le responsable du Biomercado considère que « tout ce qui encourage une alimentation avec moins de chimie, plus naturelle, est extrêmement positif ».

Le directeur général de la chaîne de supermarchés Brio, António Alvelos, a également reconnu que la clientèle était chaque fois davantage préoccupée par la conservation d’un style de vie qui favorise la santé et surtout par le maintien d’une alimentation durable.

« De plus en plus les consommateurs sont préoccupés par les possibles effets collatéraux causés par l’alimentation, comme la maladie des vaches folles, la grippe aviaire, les aliments génétiquement modifiés, ou la nuisance des pesticides et des antibiotiques. Pour ces raisons, la recherche d’une alternative a sans doute augmenté, entraînant la croissance de la consommation de produits biologiques », déclare António Alvelos, qui estime que « le prix est encore l’un des principaux facteurs qui freinent certaines personnes, même si elles donnent plus de valeur à la qualité pour certains types de produits ».

« Habituellement, les consommateurs biologiques commencent par les fruits et les légumes et vont ensuite lentement vers d’autres familles de produits. Ce que nous notons c’est qu’aujourd’hui ce processus est beaucoup plus rapide. De plus en plus les personnes apprécient la qualité de vie qui peut être améliorée en consommant biologique, et pour cela sont disposées à payer un prix plus élevé », a-t-il poursuivi.

La chaîne Brio, selon António Alvelos, a connu une croissance considérable ces trois dernières années et estime que la concurrence de magasins spécialisés comme « très saine pour les affaires et pour l’expansion du concept biologique ».

Sur le même principe, João Henriques se consacre depuis trois ans à Biovivos, « superaliments vivants, biologiques et durables », produits sous sa serre, à Carnaxide, en utilisant un système de culture avec des panneaux solaires et, autant que possible, avec des livraisons à bicyclette.

Bien que reconnaissant que les valeurs durables de l’alimentation sont chaque fois plus présentes dans la société, João Henriques estime qu’il est nécessaire de changer de mentalité et rechercher des « aliments plus locaux et qui ont moins d’impact sur la planète, éliminant la consommation de viande, les produits laitiers et le sucre, surtout ».

« Ce que je veux manger c’est de la nourriture sans poison et bon marché et ceci devrait être accessible à tout le monde », affirme-t-il.

João Henriques compte parmi ses clients une quinzaine de restaurants, de nombreux athlètes, préoccupés par une alimentation saine, mais aussi des malades du cancer à qui il livre ses Biovivos (herbe de blé, de petits pois et de tournesol) à domicile, dans tout le pays.