L’Europe à plusieurs vitesses

António Costa s'entretient avec Michel Sapin à l'issue de son discours à la Culturgest, à Lisbonne. Photo André Kosters/Lusa.
Le Premier ministre portugais, António Costa, a admis aujourd’hui [07/03/2017] une Europe à plusieurs vitesses, disant que « le Portugal sera toujours en première ligne », mais a refusé les logiques d’exclusion ou de périphérisation de pays et des « fuites en avant » sans consolidation de l’euro.

António Costa a fait ces observations au cours d’un déjeuner dans le cadre d’un séminaire économique luso-français, à la Culturgest, à Lisbonne, dans un discours de près de trente minutes en présence du ministre français de l’Economie et des Finances, Michel Sapin.

Durant son intervention, le leader de l’exécutif portugais a fait référence aux cinq scénarios constants dans le Livre Blanc présenté récemment par la Commission Européenne sur le futur de l’Union Européenne, se démarquant de la perspective la plus minimaliste d’un espace européen se limitant à un marché unique interne.

Selon le Premier ministre, « entre le déclin et le fédéralisme, il y a des scénarios de compromis » possibles pour un futur de l’Union Européenne, et le gouvernement portugais admet même un scénario de l’évolution à diverses vitesses, ou à géométrie variable.

« Nous avons toujours été en première ligne de l’approfondissement du projet européen, pour cela nous ne craignons pas plusieurs vitesses ou géométries variables. Nous aimerions que les 27 [Etats-membres] puissent avancer ensemble, mais nous admettons qu’il puisse être préférable que n’avancent que certains plutôt que de rester tous paralysés », a déclaré António Costa, avant d’affirmer qu’il y avait une chose qui était sûre : « quand nous avancerons, nous serons présents, parce que le Portugal est à Schengen, il est dans l’euro et sera toujours en première ligne du projet européen ».

Pour le Premier ministre cette évolution à plusieurs vitesses ne peut pas être synonyme de désinvestissement dans des politiques sociales et de cohésion, pas plus qu’elle ne pourra représenter une fracture dans la zone de l’euro ou rejeter des Etats en périphérie.