Marcelo à Gorée

Le président de la République observe le monument en hommage à l'esclave, sur l'île de Gorée. Photo António Cotrim/Lusa.
Marcelo à la "Porte du voyage sans retour". Photo António Cotrim/Lusa.
Après avoir passé quatre jours au Cap Vert, Marcelo Rebelo de Sousa, effectue une visite d’Etat au Sénégal, où il a été reçu par le président Macky Sall.
 
Aujourd’hui [13/04/2017], le président portugais s’est rendu sur l’île de Gorée – au large de Dakar –, où se trouve le mémorial de l’esclavage.

De Gorée furent embarqués de nombreux esclaves d’Afrique pour l’Amérique jusqu’au XIXe siècle et l’île conserve comme mémoire et symbole de ce passé une « Maison des Esclaves », du temps des Hollandais, liée à la mer par une « Porte du voyage sans retour ».

C’est sur cette île, située à moins de 20 minutes de la capitale sénégalaise, que le pape Jean-Paul II avait demandé pardon pour l’esclavage, en 1992, affirmant : « A partir de ce sanctuaire africain de la souffrance noire, nous implorons le pardon du ciel ».

En 2005, peu après la mort du pape, le président brésilien de l’époque, Lula da Silva, a visité Gorée et demandé à son tour pardon. Bien que nullement « responsable de ce qui s’était passé » à l’époque de l’esclavage, il a déclaré : « Pardon pour ce que nous avons fait aux Noirs ».

Le président portugais a rappelé que le Portugal avait reconnu l’injustice de l’esclavage lorsqu’il l’a aboli dès 1761, sur le territoire national, par l’intermédiaire du Marquis de Pombal. Cependant, dans les colonies, il s’est poursuivi jusqu’en 1869 et en 1888, au Brésil.

Les navigateurs portugais ont été les premiers à aborder l’île, en 1444, sous le commandement de Dinis Dias, qu’ils ont nommée l’Île de la Palme. Après l’intermède filipin, l’île fut occupée par les Hollandais, puis par les Français, qui seront chassés par les Anglais avant de s’en approprier de nouveau. L’île de Gorée a été classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1978.

Marcelo Rebelo de Sousa est le premier président portugais à effectuer une visite d’Etat au Sénégal, une ancienne colonie française, indépendante depuis 1960, et proche de deux pays lusophones, le Cap Vert, à 600 km de sa côte, et la Guinée-Bissau, qui possède une frontière commune, au Sud. Ayant le statut d’observateur de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), depuis 2008, le Sénégal compte de nombreux étudiants de portugais et une petite communauté lusitanienne de quelques deux cents personnes.