Angola : Agualusa pessimiste

José Eduardo Agualusa. Photo André Kosters/Lusa.
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L’écrivain angolais José Eduardo Agualusa pense que le possible successeur de l’actuel président ne restera pas longtemps au pouvoir, et critique les partis de l’opposition qui agissent en complices du système au lieu de lutter pour le renversement du régime.

Au cours d’un entretien à l’agence Lusa au sujet de son plus récent roman, A Sociedade dos Sonhadores Involuntários (éditions Quetzal), une satire de l’actuelle situation politique angolaise, l’écrivain s’est montré peu optimiste quant à la succession de José Eduardo dos Santos.

Le ministre de la Défense de l’Angola, João Lourenço, est le nom indiqué par le chef de l’Etat et président du MPLA, José Eduardo dos Santos, pour être candidat à sa succession à la tête du pays, aux élections de 2017.

José Eduardo Agualusa affirme qu’il est encore tôt pour faire des prévisions, mais il aimerait – à l’image des personnages de son livre – avoir un pays avec une démocratie réelle et stable, avec davantage de justice sociale…

L’écrivain reconnaît qu’une « transition dans un contexte de régime totalitaire est toujours très compliquée et préoccupante parce qu’il peut être tentant pour certaines personnes de profiter du vide du pouvoir pour tenter un coup d’Etat », mais cela peut aussi être une opportunité pour les partis de l’opposition et la société civile de proposer une transition vers une démocratie effective.

Cette transition voulue par le président angolais est en réalité dictée par son état de santé, il vient de passer un mois dans un hôpital de Barcelone. Pour Agualusa, « le problème est que Dos Santos n’a pas préparé le pays vers une vrai démocratie, un véritable transfert de pouvoir ».

« Mais la vérité est que le processus électoral n’est pas crédible. Les partis de l’opposition ont dénoncé des irrégularités, mais on ne comprend pas pourquoi ils participent aux élections en sachant que le processus est vicié dès le départ », ajoute l’auteur de La Saison des Fous, qui estime que ces partis sont les otages de la situation, car ils dépendent des maisons, des voitures, des emplois…Les partis participent au jeu, l'acceptent sachant qu’il est frauduleux, parce qu’ils dépendent de lui ».

L’écrivain angolais considère qu’il y a deux solutions possibles : « Ou le régime accepte une transition vers une démocratie réelle, avec des élections justes, sous le contrôle de la communauté internationale, ou il ne l’accepte pas et on ne peut pas être complice de cette combine ».

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