300 000 Portugais en mobilité

Le secrétaire d'Etat aux Communautés Portugaises, José Luís Carneiro. Photo André Kosters/Lusa.
Selon le secrétaire d’Etat aux Communautés 300 000 Portugais sont aujourd’hui en mobilité en Europe, attirés par un espace partageant des valeurs communes et par le marché libéral, mais avec des préoccupations sociales.

En entretien à l’agence Lusa José Luís Carneiro s’est référé aux dernières données de l’Institut National des Statistiques (INE), qui indiquent que plus de la moitié du demi-million de Portugais ayant quitté le pays entre 2011 et 2015 sont revenus au Portugal à l’issue de périodes inférieures à un an.

Bien que les données de l’INE, de l’Observatoire de l’Emigration et celles fournies par les pays d’accueil concernant 2016 soient encore en cours d’analyse, le secrétaire d’Etat estime qu’il est déjà possible de définir des tendances.

« La tendance de concentration dans l’espace européen se consolide, la notion selon laquelle il existe une génération en mobilité se consolide également, c'est-à-dire une génération qui sort, mais qui revient au pays après des périodes inférieures à un an, ce qui signifie chaque fois davantage que l’Europe est un espace de travail commun », a-t-il expliqué.

Concernant les destinations des émigrants, José Luís Carneiro a déclaré : « Aujourd’hui, il y a un flux de travailleurs très significatif vers les pays du nord de l’Europe, notamment le Danemark ou la Suède, où il existe un fort investissement public et privé, qui exerce une force centripète sur les entreprises et ensuite sur les travailleurs, les plus qualifiés et les moins qualifiés ».

A propos du retour des jeunes qui ont quitté le pays ces dernières années, le secrétaire d’Etat a dit que les chiffres montraient qu’au fur et à mesure que le pays récupérait économiquement, il y avait une tendance de retour des jeunes générations les plus qualifiées, surtout ceux qui sont partis par manque de travail.

Selon une étude de la Fondation Association Entrepreneuriale du Portugal (AEP), publiée en mai dernier, plus de 70 % des jeunes portugais qualifiés ayant émigrés ces dernières années veulent rentrer au pays.

Pour ceux qui ont émigré à la recherche de meilleurs salaires, comme les médecins et les infirmiers au Royaume Uni, « la situation se consolide dans les pays d’accueil parce qu’ils y vont par périodes de cinq années et les rémunérations sont de deux à trois fois supérieures à celles qui se pratiquent au Portugal ».

Selon des données de l’Observatoire de l’Emigration relatives à 2015, l’émigration qualifiée est passée de 6 % à 11 %.

José Luís Carneiro a également défendu l’idée selon laquelle « Le Portugal a besoin d’accueillir des immigrés » pour combattre le manque de population.

« L’Europe a représenté, jusqu’à 1950, 20 % de la population mondiale et on calcule que d’ici 2050 elle ne représentera plus que 7 %. Ce vieillissement de l’Europe est un défi auquel on doit faire face avec une politique de la natalité, mais aussi de manière régulée en recevant ceux qui ne trouvent pas dans leurs régions la sécurité pour leur vie ou des solutions pour leur développement » , a-t-il conclu.

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