Recherches archéologiques au Timor

Une équipe de l’archéologue français Jean-Christophe Galipaud effectue des recherches dans une grotte à Atekru, sur l’île d’Ataúro. Photo Lusa.
Chasse à la baleine. Photo Lusa.
Représentation de crocodiles. Photo Lusa.
Des équipes d’archéologues ont découvert, sur l’île timoraise d’Ataúro, des vestiges qui prouvent l’occupation humaine au moins depuis 18 000 ans et notamment des gravures rupestres qui peuvent dater de près de 8 000 années.
 
Les recherches ont été menées par une équipe d’archéologues français dirigée par Jean-Christophe Galipaud, qui a commencé récemment à publier certains des résultats des études menées ces dernières années à divers endroits du pays.

Jean-Christophe Galipaud, qui s’est installé au Timor Oriental en 2013, fait des recherches depuis plus de 35 ans dans la région du Pacifique et du Sud-Est asiatique.

Après trois ans de recherche, l’archéologue a identifié quatre sites de grande importance, deux dans la région de Balibó, près de la frontière indonésienne et deux sur l’île d’Ataúro, à près de 30 km de Díli.

A Arlo, au centre d’Ataúro, l’équipe de Jean-Christophe Galipaud a trouvé des vestiges importants de villages habités il y a entre 2 500 et 3 000 années, et à Atekru, sur la côte Sud-Ouest de l’île, ont été découvertes des gravures rupestres.

Dans la même caverne, Jean-Christophe Galipaud dit avoir trouvé des vestiges d’occupation humaine vieux de plus de 18 000 années.

Les études menées dans l’ancien territoire portugais au cours des 15 dernières années ont permis de corriger significativement les estimations antérieures sur la colonisation humaine de l’île, évaluée à 42 000 années.

De l’art rupestre, quelques objets et d’autres éléments organiques (comme des coquillages dans des cavernes) sont parmi les vestiges qui ont permis d’effectuer la datation.

L’intérêt de l’archéologue pour l’étude cette période au Timor permet d’expliquer une partie du passé du pays, mais aussi de mieux comprendre l’évolution dans le Pacifique.

« Nous savons que de nouvelles populations sont arrivées dans la région, des austronésiens, originaires de Taïwan, qui se sont dispersés à travers le sud-est asiatique. La majorité des langues parlées sur ces îles, y compris Timor, sont de la famille austronésienne », a déclaré le chercheur.

« Le Sud-Est asiatique, les îles de cette région, sont un endroit très spécial qui connu un développement très original en termes de cultures et d’influences. Quand on travaille dans la région du Pacifique, on ne peut pas ignorer l’histoire du Sud-Est asiatique », poursuit Galipaud.

L’art rupestre découvert à Ataúro est « particulièrement intéressante » parce qu’il montre des « représentations vécues d’animaux, comme des crocodiles ou des mammifères marins » de différents types.

« Sur l’un des panneaux de cette grotte on peut voir une chasse à la baleine ou à un quelconque mammifère marin. Ce type de gravures sont très rares et ne se trouvent pas parmi d’autres exemples d’art rupestre au Timor Oriental », explique le chercheur, qui considère le pays comme « archéologiquement riche », mais insiste sur le fait que l’île constitue un défi pour les archéologues.

« Trouver des endroits de 3 000 ans devient difficile parce qu’à cette période de nombreuses communautés vivaient déjà près de la mer, ce qui rend ces zones d’abitation plus difficiles à détecter en raison de l’érosion qui s’est produite ».

L’archéologue a prévu de continuer à travailler dans la région, où il a prévu d’effectuer des visites régulières pour poursuivre ses recherches dont les résultats vont faire l’objet de plusieurs publications.