Incendies : bilan catastrophique

Le président de la République constate les dégâts causés par les incendies. Photo Paulo Novais/Lusa.
Les victimes sont sensibles à la compassion de Marcelo, mais la réponse de l'Etat ne doit pas se faire attendre pour des gens qui ont tout perdu. Photo Nuno André Ferreira/Lusa.
Les incendies qui se sont déclarés entre dimanche et lundi [16/10/2017] ont causé 44 morts et de très nombreux dégâts, qui vont affecter durablement la vie sociale et économique des régions touchées.

Dans un premier bilan effectué par les correspondants de l’Agência Lusa, en plus des 44 décès on dénombre soixante-dix blessés, dont une dizaine dans un état grave, la disparition de milliers d´animaux, plus de 800 maisons (dont un tiers d’habitations principales) détruites ainsi que des dizaines d’entreprises et exploitations agricoles et une grande surface forestière, mettant en danger des milliers d’emplois et le support économique de beaucoup de municipalités, sans parler des dysfonctionnements dans les services essentiels comme l’énergie, l’eau et les communications.

Le président de la République s’est rendu sur plusieurs sites pour rencontrer la population, tenant un discours de solidarité et appelant chacun à « regarder vers le futur ». En chemin, il a rencontré un homme qui a sauvé 200 personnes, un entrepreneur qui a perdu son investissement et les anciens d’un village voué à la misère.

Marcelo Rebelo de Sousa est arrivé sous une forte pluie à la mairie de Seia, mais cela n’a pas démobilisé les habitants qui ont tenu à le saluer.

Après une rencontre avec le maire et les pompiers, le président a rencontré de nombreuses personnes affectées par les incendies, comme Hugo Nereu, 35 ans, qui a vécu aux Etats Unis avant de revenir dans le village où il était né pour investir un demi-million d’euros dans un élevage avicole. « Tout était prêt, il ne manquait plus que les poussins, mais tout est parti en fumée ».

Après plusieurs autre rencontres toutes plus émotionnantes les unes que les autres, le président a eu connaissance du cas de cet entrepreneur de maçonnerie, António Luís, qui a sauvé plus de 200 personnes : se rendant compte du danger de la situation, en pleine nuit, il s’est déplacé avec sa fourgonnette de hameau en hameau, suivi par un ami avec un véhicule de neuf places, par des routes sinueuses, pour réveiller les gens et les évacuer vers Vide, la localité principale de la région.

« Il a été un héros », s’est exclamé le président de la République, une épithète que l’intéressé a rejeté, estimant n’avoir fait que ce qu’il avait pu.

La visite du président s’est achevée à Cide, un petit village isolé, où un couple est décédé. Après avoir conforté des membres de la famille des victimes, Marcelo  a embrassé deux vieilles dames de 88 et 90 ans. La plus âgée des deux ne s’est pas rendu tout de suite compte qu’il s’agissait du chef de l’Etat, ce que lui a confirmé son amie plus jeune, Maria da Conceição.

« Tout a brûlé. Il ne nous reste que notre petite maison. C’est une misère, nous n’avons plus rien », résume-t-elle à la Lusa, ajoutant que la visite présidentielle leur a apporté une certaine joie, « mais il manque le reste, un petit peu pour nous aider avec notre petite retraite ».