Quel sera le mot portugais de l’année ?

On peut voter pour le mot portugais de l'année jusqu'au 31 décembre.
De afeto à vencedor, en passant par crescimento et cativação, la liste des dix mots candidats à Palavra do Ano est disponible à partir d’aujourd’hui [01/12/2017] sur www.palavradoano.pt, où l’on peut voter jusqu’au 31 décembre.

La société Porto Editora, qui organise l’élection depuis 2009, explique dans un communiqué que le choix des dix mots s’est imposé à partir de propositions faites sur le site et du travail d’observation et d’accompagnement de la réalité de la langue portugaise dans les moyens de communication, les réseaux sociaux et les requêtes dans les dictionnaires en ligne.

Le mot de l’année 2017 sera connu le 4 janvier prochain, choisi parmi cette liste : Afeto, cativação, crescimento, desertificação, floresta, gentrificação, incêndios, independentista, peregrino et vencedor ?

Afeto [affect] : le choix du mot se justifie par l’action du président de la République. Marcelo Rebelo de Sousa a jusqu’ici exercé son mandat avec un singulier degré de proximité et d’affectivité, qui lui a valu l’épithète de Président des Affects.

Cativação [rétention] : avec l’objectif de maintenir le déficit en dessous des valeurs définies par l’Union Européenne, la rétention est devenue un mot très visible – quelque peu controversé –, dans la stratégie budgétaire du gouvernement.

Crescimento [croissance] : cela fait longtemps que ce mot n’était pas utilisé pour définir le comportement de l’économie portugaise, un fait devenu notoire tout au long de l’année.

Desertificação [désertification] : par la force des circonstances, ce mot a gagné de l’attention dans les discussions publiques et dans l’espace médiatique.

Floresta [forêt] : Le mot forêt a été beaucoup entendu au fur et à mesure qu’elle disparaissait, emportée par les flammes.

Gentrificação [gentrification] : ce terme d’origine anglo-saxonne qui renvoie au phénomène qui affecte une ville ou un quartier par le changement des dynamiques de la composition de l’endroit, comme de nouveaux centres commerciaux ou la construction de nouveaux immeubles, dans une recherche de valorisation, mais qui affecte la population locale, repoussée vers des périphéries où elle n’a plus de repères. L’augmentation du tourisme est l’une des causes de cette gentrification.

Incêndios [incendies] : il n’est malheureusement pas vraiment nécessaire d’épiloguer sur la présence de ce mot dans le top ten.

Independentista [indépendantiste] : la prétention d’indépendance de la Catalogue est à l’origine de la présence de ce mot.

Peregrino [pèlerin] : le succès de ce mot est lié au centenaire de l’apparition de Fátima et du nombre exceptionnel de pèlerins, venus du monde entier.

Vencedor [vainqueur] : pour la première fois et de manière surprenante, le Portugal a été le vainqueur de l’Eurovision de la chanson, ce qui a valu à Salvador Sobral un accueil chaleureux du public portugais. Assurément, ce mot aurait déjà pu s’imposer l’année précédente !

Les précédents mots de l’année :

2016 : geringonça [girouette, terme utilisé pour désigner le gouvernement de gauche]
2015 : refugiado [réfugié]
2014 : corrupção [corruption]
2013 : bombeiro [pompier]
2012 : entroikado [néologisme créé à partir du mot troïka (Commission Européenne, BCE et FMI)]
2011 : austeridade [austérité]
2010 : vuvuzela [la célèbre corne sud-africaine découverte au Mundial 2010]
2009 : Esmiuçar [émietter, le mot est devenu à la mode en raison de son utilisation fréquente par un groupe humoristique à la télévision]