Dominique Nédellec distingué

Dominique Nédellec. Photo José Guerreiro/archives Luso.fr.
La traduction française du livre Que Cavalos São Aqueles Que Fazem Sombra No Mar?, d’António Lobo Antunes, a reçu le Prix Gulbenkian Books de la délégation en France de la Fondation Calouste Gulbenkian.

Cette première édition d’un prix qui distingue la meilleure traduction du portugais vers le français d’une œuvre de littérature en langue portugaise, publiée en France au cours des deux dernières années, est attribuée par l’institution culturelle portugaise en partenariat avec la revue littéraire Books.

Le jury a décidé de distinguer Dominique Nédellec, l’auteur de la traduction Quels sont ces chevaux qui jettent leur ombre sur la mer, éditée en 2014 par Christian Bourgois éditeur, pour le « brio avec lequel il a recréé en français la prose si dense et sinueuse de Lobo Antunes, la superposition des voix, les paroles et les pensées de ses personnages torturés », a déclaré Suzi Vieira, l’une des membres du jury, durant l’annonce du prix.

« Cette traduction, que nous considérons admirablement fidèle, a réussi à recréer la polyphonie du roman et aussi le rythme de structure musicale sur laquelle se base l’architecture de son œuvre », a justifié la porte-parole du jury, également journaliste à Books.

Dominique Nédellec, qui vient de remettre sa cinquième traduction d’un Lobo Antunes à son éditeur, a déclaré à la Lusa que le prix était « un encouragement pour continuer à travailler en faveur de la génialité de la langue portugaise et, dans ce cas, de la génialité d’un auteur unique », cela constitue aussi une marque de reconnaissance du travail qui montre que les personnes sont attentives à ce que font les traducteurs dans l’ombre.

« Traduire Lobo Antunes exige de la part du traducteur d’oublier les références de lecture, propres à chacun de nous, pour s’introduire dans son univers et dans sa langue, parce qu’il écrit dans une langue qui n’est pas canonique, qui n’est pas normale. Il est en train de créer une langue très personnelle, très particulière. Mon objectif est de recréer dans ma langue, le français, la même étrangeté, la même violence qu’il introduit dans la langue portugaise », a ajouté Dominique Nédellec, qui a également traduit des œuvres de Gonçalo M. Tavares, Alice Vieira, Jorge Letria ou Ondjaki.

Parmi les 50 œuvres, publiées entre 2013 et 2014, qui ont concouru, il y avait une autre traduction de Nédellec, Journal de la chute [Diário da queda], du Brésilien Michel Laub, parue chez Buchet-Chastel, ainsi qu’une traduction d’Elisabeth Monteiro Rodrigues, Pluie ébahie [Chuva pasmada], du Mozambicain Mia Couto, publiée par les Editions Chandeigne.

Le jury était composé de personnalités portugaises et françaises du monde académique et littéraire, notamment le poète Nuno Júdice, l’écrivain français Maylis de Kérangal, Maria Benedita Basto, de l’Université Paris-Sorbonne, José Manuel Esteves, de la chaire Lindley Cintra de l’Université de Paris Ouest-Nanterre, l’essayiste allemand Sébastien Lapaque, la spécialiste en littérature lusophone, Jacqueline Penjon et la journaliste de la revue Books, Suzi Vieira.