Prix Camões : Dalton Trevisan distingué

Dalton Jérson Trevisan, prix Camões 2012.
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L’écrivain brésilien Dalton Trevisan a reçu le prix Camões. L’auteur du Vampire de Curitiba a été choisi à l’unanimité des membres du jury, qui ont mis en exergue l’œuvre sans concessions à la vie sociale de l’écrivain, qui s’est distingué en particulier dans l’art du conte.

Le jury s’est référé aux "incessantes expérimentations [de Dalton Trevisan] avec la langue portugaise, beaucoup de fois en opposition avec elle-même et son engagement dans la littérature, sans concessions aux distractions de la vie sociale et personnelle".

Dalton Jérson Trevisan est né en 1925, à Curitiba, dans le Sud du Brésil, une ville qui a inspiré une partie de ses contes et où il vit caché du harcèlement des médias.
L’écrivain a donné vie à de nombreux personnages mystérieux dans ses livres et on peut affirmer qu’il est lui-même plutôt énigmatique. Reclus, il a la presse en aversion, ne reçoit jamais de visites et a été affublé du nom de l’un de ses personnages, Le Vampire de Curitiba, publié en 1965.

L’auteur a d’abord étudié le Droit et a même exercé la profession d’avocat pendant sept ans. Il a également été journaliste et critique de cinéma avant de se consacrer à la littérature. Ses deux premiers livres, publiés en 1945, Sonata ao Luar et Sete Anos de Pastor ont été reniés plus tard par l’écrivain, qui dit ne pas posséder le moindre exemplaire de ses premières œuvres.

"Heureusement, j’ai oublié cette barbarie", a déclaré Trevisan à propos de son premier livre, au cours de l’un de ses rares entretiens.

Entre 1946 et 1948, le Curitibano a édité la revue Joaquim, qui réunissait des essais et des contes d’auteurs tels qu’António Cândido, Mário de Andrade et Carlos Drummond de Andrade, qui ont représenté le modernisme brésilien. Cette revue publiait également des traductions de textes de Franz Kafka, Marcel Proust ou Jean-Paul Sartre.

Pendant que Trevisan se cache dans sa maison de Curitiba, ses contes voyagent dans le monde entier, traduits dans de nombreuses langues : anglais, espagnol, français et italien.
Cemitério de Elefantes, un recueil de ses contes a été publié au Portugal en 1984 chez Relógio d’Água.
Les histoires de Trevisan ont été adaptées à la télévision et au cinéma au Brésil et en Hongrie. Ses écrits évoquent les classes moyennes et les angoisses du quotidien.

L’an passé, l’auteur a reçu le Jabuti, le plus grand prix littéraire brésilien, dans la catégorie contes et chroniques pour son livre Desgracida. Comme on pouvait s’y attendre, Trevisan est resté à Curitiba et a envoyé un représentant à la cérémonie de remise du prix.