La liberté bafouée en Angola

Groupe d’activistes ayant été emprisonnés pour « suspicion de crime de rébellion contre le président de la République et coup d’Etat en Angola », parmi lesquels se trouve Luaty Beirão (au centre), un rapper luso-angolais. Photo Joost De Raeymaeker/Lusa.
Le gouvernement angolais ne respecte pas la liberté d’expression selon le rapport de Human Rights Watch (HWR), publié aujourd’hui [27/01/2016].

Pour l’Organisation Non Gouvernementale (ONG), la liberté d’expression est un droit sévèrement restreint en Angola par la censure et l’autocensure des médias d’Etat et des moyens de communication privés contrôlés par des fonctionnaires du parti au pouvoir.

« Les forces de sécurité répriment les moyens de communication indépendants, les activistes des droits de l’homme et autres contestataires faisant appel à des procès en diffamation, des détentions arbitraires, des jugements injustes, l’intimidation, le harcèlement et la surveillance », écrit HRW, qui rappelle qu’en juin dernier, la police a arrêté 15 militants qui se réunissaient pour lire et débattre sur des livres abordant le thème de la résistance pacifique.

Le cas de Rafael Marques a également été évoqué par l’organisme. Le journaliste a été condamné à six mois de prison avec sursis pour calomnie, diffamation et dénonciation calomnieuse contre des entreprises d’exploitation minière et sept généraux mis en cause dans un livre.

Dans la province de Huambo, en avril 2015, HRW rapporte que la police a agi violemment contre certains contestataires et a tué un nombre indéterminé de membres d’une secte religieuse.

Human Rights Watch constate tout de même « de petites ouvertures » dans le pays en 2015, en faisant état d’émissions sur les chaînes TPA et TV Zimbo où des groupes de l’opposition et de la société civile ont pu participer à des discussions en direct sur les droits humains.

« Cependant, de telles discussions publiques sur des thèmes sensibles sont extrêmement rares. Le gouvernement continue à utiliser les lois sur la diffamation et autres lois abusives pour faire taire les journalistes ».