Ondjaki primé

Ndalu de Almeida, alias Ondjaki. Photo Daniel Mordzinski.
Le prix Littérature-Monde étranger, remis lors du Festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, vient d’être décerné à l’écrivain angolais Ondjaki pour son roman Les Transparents, traduit du portugais par Danielle Schramm.

Ndalu de Almeida, dit Ondjaki, né en 1977 à Luanda, vit actuellement au Brésil. Il a publié des poèmes et des romans pour lesquels il a remporté plusieurs prix importants, dont le Grande Prémio de Conto Camilo Castelo Branco, décerné par l'Association des écrivains portugais, le prix Grinzane for Africa, ainsi que le prix Jabuti (Brésil) dans la catégorie jeunesse. Dans Les Transparents, genre de puzzle géant avec de multiples intervenants, "le personnage central, c'est la ville, c'est Luanda" où tant d'humains sont "transparents" aux yeux des autres, a expliqué Ondjaki dans une vidéo.

Le roman d’Ondjaki a été publié dans la "Bibliothèque portugaise" dirigée par Pierre Léglise-Costa, qui compte parmi ses auteurs des plumes prestigieuses telles que Mia Couto, José Eduardo Agualusa, Lídia Jorge et Valter Hugo Mãe.

Son éditrice Anne-Marie Métailié était ce samedi 14 mai à Saint-Malo pour recevoir le prix et lire les mots de l’auteur, dont vous trouverez ci-joint le texte de remerciement. Sa traductrice Danielle Schramm a présenté son travail lundi 16 mai lors d’une rencontre organisée avec le deuxième lauréat du Prix, Makenzy Orcel, et certains membres du jury.

Le jury du Prix Littérature-Monde est composé d’Ananda Devi (présidente), Michel Le Bris, Atiq Rahimi, Dany Lafferrière, Paule Constant, Nancy Huston, Boualem Sansal.

La Réapparition des choses

Enrique Vila-Matas a dit que « toutes les tourmentes sont terriblement singulières (…) ». Parfois les livres abordent des tourmentes singulières ou collectives ; ils sont ainsi une tentative esthétique d’approche de “l’autre”. Un livre est une voix littéraire qui crée des ponts entre les gens et qui, une fois traduit, crée des ponts humains entre les pays. Je vous remercie pour ce prix, surtout parce qu’il donne à connaître les littératures du monde ; parce que dans mon cas, il aura fait le lien entre la littérature angolaise et un autre peuple. Mes remerciements s’adressent aussi, naturellement, à mon éditrice française.

Je veux dédier ce prix à tous les jeunes qui, aujourd’hui, luttent pour la liberté et la démocratie en Angola et au Brésil. Nous vivons des temps difficiles qui requièrent « des nouvelles façons d’être jeunes ». De nouvelles utopies.
Mais je veux aussi dire un mot d’affectueuse reconnaissance à ma traductrice Danielle Schramm ; à tous mes traducteurs ; et à tous les traducteurs du monde. Non seulement vous réécrivez les livres, mais vous êtes les plus beaux et anciens bâtisseurs de ponts culturels ; vous avez entre les mains le don de faire circuler les idées, en faisant le miracle de « la réapparition des choses » dans d’autres langues.
Je sais que ce n’est pas souvent que cela vous est dit, mais merci pour votre effort et votre abnégation. Merci pour votre dévouement et votre magie.
Je vous salue tous, Français, Angolais, Brésiliens et traducteurs du monde entier, et vous embrasse de tout mon cœur.

Ondjaki