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Le barrage d'Odelouca (Algarve). Photos Luís Forra/Lusa.
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Vue aérienne du barrage d'Odelouca. Photo Águas de Portugal.
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16/06/2012
L'entrée
en fonctionnement du barrage d'Odelouca, sur les hauteurs de Silves, le seul de
l'Algarve dont l'eau est exclusivement réservée à la consommation publique, va
pallier le manque d'eau récurrent dans la région jusqu'en 2015. L'agriculture
locale pourra ainsi disposer de davantage d'eau.
Ce
barrage, dont le premier projet a près de 40 ans, a commencé à fournir de l'eau
aux consommateurs algarvios depuis le
début du mois de juin, une date historique pour l'administrateur d'Águas do Algarve, le responsable du
projet.
Le plus
grand barrage de l'Algarve va permettre de garantir des réserves d'eau pour les
trois prochaines années, même s'il ne pleut pas dans la région, et finir une
bonne fois pour toutes avec les "guerres" liées au partage des eaux
entre l'agriculture et la consommation publique.
"A partir du moment où Odelouca existe, la retenue d'eau de Funcho sera
réservée à l'agriculture", affirme Artur Ribeiro, rappelant que jusqu'ici
le barrage de Funcho était utilisé par tout le monde, alors que celui d'Arade
était dédié à l'agriculture. Odelouca permettra également de soulager l'effort
sur les recours hydriques souterrains.
La
construction du barrage a commencé en 2001, mais les travaux ont été arrêtés
peu de temps après et suspendus pendant plus de trois ans en raison d'une
plainte déposée à Bruxelles par une organisation écologiste. Ensuite, en raison
d'un contentieux entre l'Etat et le maître d'oeuvre.
La gestion du barrage, initialement assurée par l'Instituto da Água (INAG), a été transférée à Águas do Algarve en décembre 2006 et les travaux ont repris en
février 2007 pour ne s'achever qu'en 2010.
"En ce moment, Águas do Algarve
peut affirmer que son système multi-municipal de fourniture d'eau est
parfaitement consolidé", dit Artur Ribeiro, ajoutant qu'Odelouca représente
davantage d'eau que les barrages d'Odeleite et Beliche réunis.
Le
barrage d'Odelouca, qui peut contenir jusqu'à 105 millions de mètres cubes,
était rempli à 95 % de sa capacité au début du mois de juin.
L'Algarve connaît de manière récurrente des périodes de sécheresse, ce fut
notamment le cas en 2004 et 2005 avec une situation de sécheresse extrême, même
si la population n'a jamais manqué d'eau. Águas
do Algarve avait alors déployé de nombreux efforts avec la mise en place de
deux stations de pompage réversibles, dans le centre de la région, qui
permettent le passage de 600 litres d'eau à la seconde entre le système composé
par les trois barrages du barlavento
(Ouest) et le système Odeleite/Funcho (Est).
L'an passé, l'Algarve a consommé 65 millions de mètres cubes d'eau, en 2010, 67
millions et en 2009, 71 millions.
"Avec
cette infrastructure et les Stations de Traitement de l'Eau d'Alcantarilha et
de Tavira, nous garantissons non seulement l'eau nécessaire et suffisante, mais
encore, une qualité élevée du produit eau que nous mettons à la disposition de
toute la région", affirme Artur Ribeiro.
La
retenue d'eau se trouve dans une zone importante du patrimoine écologique, un
site appartenant au réseau Natura 2000,
ce qui a justifié un ambitieux programme en faveur de l'environnement, un
ensemble de mesures de protection des espèces et des habitats forestiers directement
affectés par les travaux, notamment le lynx ibérique, l'aigle de Bonelli et les
espèces endémiques de l'ictiofaune [espèces de poissons propres à la région]. Águas do Algarve a ainsi
engagé une action de reforestation importante sur plus de 65 hectares avec la
plantation de 26 000 chênes-liège et 2 000 chênes verts. Ces mesures exigées
par les instances communautaires comprenaient également la création d'aires d'ensemencement
et de culture pour la faune locale ainsi qu'un Centre de Reproduction du Lynx
Ibérique.
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